Et si on changeait le monde ?

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Et si on changeait le monde ?

Message  Blue Angel le Mer 27 Jan - 16:28

ET SI ON CHANGEAIT LE MONDE ?


Il était une fois, un aigle magnifique dont les yeux brillaient même le jour d'une clarté dorée. Il ne se déplaçait jamais sans sa monture, un superbe cheval blanc. Il s'installait sur sa croupe et se laissait transporter au gré des allures de son compagnon.

Un jour, alors que le cheval blanc buvait dans l'onde pure d'un ruisseau, un bruit attira le regard vif de l'aigle majestueux. En un clin d'oeil, il détermina l'endroit d'où venait le bruit. Derrière le buisson manifestement, il y avait une présence.

L'aigle et le cheval approchèrent lentement vers l'endroit. Derrière le buisson, couché sur des herbes sèches, un enfant, presque un bébé, les yeux remplis de tristesse reposait.

Qui était donc cet enfant? D'où venait-il et qui ou quoi l'avait donc posé là ?

Tous trois se regardèrent pendant de longues minutes. La surprise dans les yeux de l'aigle et du cheval était telle, que l'enfant vint à leur secours : « j'ai oublié d'où je viens, qui je suis et je ne sais pas ce que je fais là ! »

Le noble oiseau l'entoura de ses ailes et réalisa à ce moment précis l'étrange beauté de l'enfant. Il était nu, sa peau était d'une blancheur de lait, ses cheveaux bouclés d'un jaune doré descendaient sur ses épaules, sa bouche d'un rouge vermeil faisait penser à une baie sauvage et ses yeux, ses yeux splendides, d'un vert transparent.

L'aigle eut une certitude : cet enfant était de sang d'un autre monde. C'est dans cette direction qu'il fallait chercher. Il se promit de rendre l'enfant à ses parents, coûte que coûte.

Mais qui étaient donc ses parents ?

L'aigle installa l'enfant d'un autre monde sur le dos du cheval, dans un panier que le cheval et lui-même avaient tressé avec les roseaux du ruisseau. Assis à l'intérieur du panier, l'enfant d'un autre monde, admirait la nature pendant que cet étrange trio traversait les campagnes.

L'aigle avait une idée, une idée folle.

De l'autre côté de la vallée vivait un village d'éléphants dont le chef était très puissant. Sa puissance venait de sa sagesse et de sa bonté. On disait qu'il avait épousé une fée-sirène qui se baignait tous les jours dans un bain de lait. Et que de leur union était né un ange magnifique, un enfant d'une beauté irréelle.
Cet enfant, c'était lui, il en était certain !

Mais que faisait-il donc ici, si loin des siens, si loin de son éden !

Son esprit s'assombrit : « un malheur ! », il sentit un malheur planer sur l'enfant.

Peut-être était-il si loin des siens parce que quelqu'un l'avait mis hors de danger ?

« ses parents ! Ils étaient en danger ! » L'aigle en eut la certitude.

« Nous allons nous rendre de l'autre côté de la vallée dit l'aigle au cheval blanc. Nous verrons et saurons. En route ! ».

Plusieurs jours furent nécessaires pour se rendre dans le royaume des éléphants. Malgré plusieurs tentatives de l'aigle et du cheval blanc, la mémoire ne revenait pas à l'enfant d'un autre monde. Sa nature était confiante et joyeuse et on devinait qu'il n'avait reçu que de l'amour et encore de l'amour.

Un jour enfin, le royaume des éléphants devant eux s'étalait dans une grande clairière. Les éléphants allaient et venaient. Tout semblait calme. Et pourtant une grande tristesse émanait de ce lieu.

L'enfant endormi dans son panier se releva.

Tous les éléphants autour de l'aigle et du cheval se rendirent en pleurant et s'agenouillant.

Depuis la disparition de l'enfant d'un autre monde, sa mère, la fée-sirène ne réapparaissait plus des abysses du bain de lait.

Le chef des éléphants, son époux, écrasé de douleur pleurait sans cesse et poussait des cris déchirants dans les profondeurs des bois.

A ces dires, l'enfant retrouva subitement la mémoire.
Il détenait un secret, un secret terrible. C'est pour cela qu'on l'avait éloigné de ces lieux, des siens, de ses parents.

Il savait que le sorcier du villages des hommes voulait tuer les éléphants pour faire commerce de leurs somptueuses défenses. Tous les mâles devaient être exécutés.
L'enfant d'un autre monde lors d'une promenade légère s'était approché trop près du village des hommes. Il avait été découvert et pour qu'il ne parle pas, le sorcier lui avait fait absorber un élixir afin qu'il perde la mémoire.
Car comme c'était un enfant d'un autre monde et qu'il ressemblait aux enfants du village des hommes, personne ne voulut le tuer par peur des représailles d'un autre monde.

C'est pour cela qu'ils allèrent le perdre loin du royaume des éléphants.

On prévint le chef des éléphants du retour de son enfant.Il sortit des profondeurs des bois pour remercier l'intelligence de l'aigle et la gentillesse du cheval.
Ensemble ils firent un plan pour attaquer le village des hommes.

Quand ils arrivèrent au village, tous les hommes étaient assis autour de la fée-sirène fascinés par sa beauté. Elle chantait d'une voix voluptueuse. Elle chantait l'amour et le partage, le respect de l'autre et de la nature. Elle chantait d'une voix douce un monde où les enfants et les femmes sourient. Un monde où les hommes débarrassés de leur orgueil et de leur cupidité jouent de la musique et honorent le monde merveilleux des animaux, des fées et des fleurs. Ces paroles comme du miel sentaient la fleur d'oranger et avaient la fraîcheur des torrents l'été.

Aucun des hommes du village ne trouvaient la force de se lever pour aller tuer les éléphants.
Aussitôt les hommes furent anéantis par les éléphants, guerriers de lumière.

Le roi des éléphants, la fée-sirène et l'enfant d'un autre monde se retrouvèrent pour continuer à être heureux, ensemble, dans la famille des éléphants, loin des hommes.

L'aigle aux yeux couleur dorée et le cheval blanc furent acclamés, comblés de reconnaissance.

Ils reprirent la route quelques jours après en ayant promis de revenir, un jour, le jour où tous les hommes du monde renonceront pour toujours à tuer les éléphants.

Le jour où tous les hommes du monde, dans un autre monde, comprendraient » le langage des fleurs et des choses muettes ».

Le jour où tous les hommes du monde inventeront l'amour et changeront le monde à jamais.

Denise MIGUEL

Bergerac,
le 3 septembre 2009
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